Le recours à des logiciels de gestion dits « multi-métiers » leur faciliterait bien la tâche… voire les tâches ! Ramon Reyntiens, administrateur délégué de la société belge Oxygis Partners, spécialiste en la matière, en fait l’expérience au quotidien.

 

Pour quelles raisons plaidez-vous pour l’utilisation de logiciels multi-métiers par les pouvoirs publics ?

«  Ces logiciels sont évolutifs et adaptables aux besoins de collectivités comme les communes et les villes. Celles-ci utilisent malheureusement aujourd’hui les produits d’un géant américain qui, par sa politique de distribution, a pratiquement inondé toute Europe. Or, ces produits sont des systèmes d’information géographique principalement destinés à la consultation. Ils ne possèdent aucune base de données. De ce fait, les pouvoirs publics doivent faire développer ces produits par des informaticiens, en interne ou en externe. »

 

Que génèrent de plus les logiciels multi-métiers ?

« Ils assurent une gestion complète de tout ce dont a besoin un gestionnaire du secteur public en termes de formulaires et de données : des feuilles de terrain, des factures, des comptes, des balances, des budgets, des listes des dépenses, des comptes de résultats, etc. Tout l’intérêt de ces logiciels est le reporting, autrement dit les rapports qui en découlent. Les maîtres-mots de ce système sont la flexibilité, la modularité et la réponse à des besoins qui peuvent évoluer dans le temps. L’intégration de toute la chaîne de gestion dans un seul produit permet de traiter en même temps des aspects financiers, de l’organisation des équipes, de la navigation, de la mobilité, de toutes les données de terrain. C’est une solution « all-inclusive », clé en main, multi-métiers, qui rassemble l’intégralité des fonctionnalités dont un gestionnaire ou un conducteur de chantier a besoin. Aujourd’hui, il manque encore d’intégration dans les collectivités. »

 

Comment se traduit ce manque d’intégration ?

« À l’inverse des plateformes multi-métiers, ces logiciels existent en autant de nombres qu’il y a de fonctions à pourvoir. Au niveau d’une commune, par exemple, un même gestionnaire peut ainsi être confronté à un logiciel pour les infrastructures souterraines, à un autre pour les espaces verts, et à d’autres logiciels individuels pour la population, l’urbanisme, les problèmes de chantier, le parc de matériel, etc. Ainsi, il se retrouve avec toute une série de logiciels à gérer, qui sont en outre souvent totalement différents les uns des autres et qui ont des langages incompatibles entre eux. Au-delà de ces facteurs, une telle pratique aboutit à du double, du triple, du quadruple encodage des données, avec tout le potentiel de pertes d’informations et d’erreurs que cela peut générer. »

 

Avez-vous un exemple de collectivité utilisant un logiciel multi-métiers ?

« Oui, c’est le cas de la ville de La Louvière. Elle possède un logiciel qui gère ses aires de jeux. Elle est en passe d’y ajouter plusieurs modules : l’un pour gérer les arbres qui sont dans les parcs où sont installées ces aires de jeux, ces arbres pouvant constituer un danger potentiel ; un autre module pour gérer les câbles et les conduites qui passent dans les sols de ces aires de jeux. »