Christian Van Parys
Directeur de RVC

EMISAS : tel est le nom du projet européen visant à définir et tester des processus techniques ainsi que des comportements humains qui favorisent une réduction de la consommation d’énergie, dans une centaine de bâtiments. La Belgique y est partie prenante.

EMISAS est l’acronyme de « Energy Management and Information System leading to Action for Savings » (« Système d’information et de gestion de l’énergie menant à des actions d’économies »). Ce projet a été soumis, début juin, à la Commission européenne, dans le cadre de l’appel d’offre « H2020 Societal challenges ». Son objectif premier est de réduire de 15 à 30 %, la consommation de gaz et d’électricité dans une centaine de bâtiments - bureaux administratifs, installations sportives et culturelles, écoles... - dans quatre villes européennes : Namur, La Louvière, Côme (Italie) et Torrevieja (Espagne).

 

5 grandes étapes

Treize partenaires - dont 6 belges - ont répondu à l’initiative de l’entreprise belge RVC. Le projet repose sur une philosophie toute simple : mener rapidement toute une série de petites actions ayant de grands effets. Pour ce faire, le projet est divisé en cinq grandes étapes.

 

  • La première est l’analyse de la situation selon une méthodologie ISO 50 001 : un pré-audit des installations devrait permettre d’identifier ce qu’il y a lieu de mesurer dans les bâtiments : éclairage, chauffages, ascenseurs, climatisations, etc. Comme le souligne Christian Van Parys, Directeur de RVC, leader du consortium : « l’enjeu de cette première étape est de pouvoir différencier ce qui est énergivore de ce qui l’est moins. Au final, elle doit aboutir à une cartographie des consommations dans chaque bâtiment. »

  • Deuxième étape : collecter des données, toutes les heures, par la mise en place d’un système de comptage indépendant pour chaque installation technique.

  • Troisième étape : analyser ces données. L’analyse des cycles de consommation doit permettre de déceler les anomalies, comme des surconsommations intempestives par exemple, issues de comportements peu responsables ou de défauts techniques.

  • Quatrième étape : fixer des objectifs de consommation, ainsi que les mesures à prendre pour pallier les problèmes décelés. Ces mesures peuvent être d’ordre technique (colmater des fuites, régler des problèmes de cycles de consommations ou des paramétrages divers), d’ordre organisationnel, comme l’ouverture des chauffages à 8h du matin dans une école, au lieu de 6h, ou enfin d’ordre comportemental. Les outils de modélisation seront développés avec le concours de l’ULG.

  • Enfin, la dernière étape consiste à mettre en place les actions décidées et à favoriser l’adhésion des usagers, employés et citoyens. L’animation de « serious gaming » sur les réseaux sociaux est également intégrée, afin d’augmenter le niveau de conscientisation et d’atteindre les objectifs d’économies définis.

 

Gageons que le projet soit retenu par la Commission européenne.

 

Change Management : le coaching est indispensable

 

Un aspect important du projet EMISAS est le coaching. Trois coachs vont intervenir auprès des villes concernées pour déterminer, avec les acteurs, ce qu’il y a lieu de changer dans les comportements.

Christian Van Parys, Directeur de RVC, précise que « ce coaching concerne tant les organisations publiques que les organisations privées. Le management dans le domaine public peut changer si on en explique les raisons. » Il est d’abord prévu que les coachs agissent au sommet des hiérarchies (directeurs généraux, échevins, etc.) afin qu’ils soient parties prenantes au projet, et conscients de leur rôle pour pouvoir répercuter les actions à mener. « Comme dans le privé, il y a, dans le secteur public, des résistances internes qu’il faut rompre pour conduire les actions à leur terme. »

 

Atteindre les économies visées

Ensuite, les responsables des bâtiments et installations recevront les données de consommation, les alarmes et les points d’attention. Ils participeront à leur analyse, et pourront ainsi agir sur les changements techniques, et encourager des comportements individuels, qui permettront d’atteindre les économies visées.