L’entrepreneur paysagiste Krinkels en est le spécialiste depuis déjà 50 ans, et il a vu beaucoup de choses évoluer au cours de ces années. Son CEO Peter Loyens identifie les grands défis et tendances de son secteur.

 

« Nous ne devons pas nous limiter à l’aménagement pur et simple des espaces publics. Nous pouvons également assumer le financement et l’entretien à long terme. Au niveau de la construction des routes, nous observons une augmentation du nombre de gros dossiers de PPP (partenariats public-privé). Dans l’aménagement paysager, c’est encore trop peu souvent le cas. Dès lors, l’expertise d’un entrepreneur paysagiste n’est pas exploitée comme il se doit. Les villes et communes doivent oser abandonner la formule traditionnelle des marchés publics, qui se focalise de façon simpliste sur le plus offrant », explique M. Loyens.

Priorité aux résultats

« En se concentrant, au contraire, sur les résultats, le milieu pourrait être professionnalisé en profondeur. Cela favoriserait le développement stratégique d’un plus grand nombre de concepts réfléchis et de qualité, tenant compte de la durabilité. Nous devons évoluer vers un modèle «design-build-maintain», où il est demandé à l’entrepreneur davantage d’engagement que la simple exécution d’une liste de services au prix le plus bas », poursuit M. Loyens. 

« Cette professionnalisation permettrait de répondre au besoin de compétences supplémentaires, et donc de créer de l’emploi. Les villes et communes réfléchissent également de plus en plus à l’aspect écologique. La Flandre, par exemple, va interdire l’usage des pesticides à partir de 2015. Nous passerons de rues sans mauvaises herbes à la maîtrise des mauvaises herbes, assortie d’une discussion sur le niveau d’acceptation des habitants et de l’environnement. »

Vers un modèle plus social

« Nous militons également pour une collaboration plus étroite avec les entreprises d’économie sociale, ainsi que pour une structure de transition vers les entreprises privées. Nous pourrions former ces personnes et leur offrir un travail équivalent. Nous ne le voulons pas uniquement par idéalisme, mais aussi parce que nous savons que nous aurons besoin dans le futur de personnes capables d’assumer des tâches répétitives, et désireuses de travailler à l’extérieur ou d’exécuter un travail manuel. Moyennant un accompagnement adéquat et l’engagement de notre part de former notre département RH à la gestion de cet aspect, c’est parfaitement possible. »

De plus en plus de sous-traitance

« Autre tendance : les villes et les communes sous-traitent de plus en plus souvent leurs services verts. C’est déjà ce qui s’est passé il y a de nombreuses années pour les services de nettoyage, la surveillance et la restauration, par exemple. Pour autant qu’ils reçoivent une description claire de ce qu’on attend d’eux, les partenaires privés peuvent obtenir un résultat de meilleure qualité. À cet égard, les pouvoirs publics doivent bien réfléchir aux rues qu’ils veulent offrir à leurs habitants et traduire cette réflexion en missions concrètes », explique M. Loyens.

Interaction accrue avec les citoyens

« Le citoyen est de plus en plus capable de s’exprimer et a la possibilité, grâce aux nouvelles technologies, de signaler rapidement des problèmes. Les pouvoirs publics sont ainsi mieux informés des tâches qui doivent être menées et le suivi est également meilleur. Le partenaire privé peut ainsi être mieux contrôlé en termes de vitesse de réaction et de résultats. Par le biais d’un système de « track&trace », un entrepreneur pourra immédiatement situer ses équipes et informer de la vitesse de résolution du problème. Une fois la tâche accomplie, nous pouvons la soumettre aux autorités et à l’habitant qui avait signalé le problème. L’interaction entre citoyens, administrations et entrepreneurs augmentera énormément dans les années à venir. Cela exige toutefois un investissement dans les outils nécessaires et dans leur harmonisation », conclut Loyens.